Le 1er août 2025, Jimmy Donaldson, plus connu sous le nom de MrBeast, et Mark Rober, ancien ingénieur de la NASA devenu vulgarisateur scientifique, ont lancé l’une des plus importantes campagnes caritatives jamais organisées par des créateurs de contenu.
Baptisée #TeamWater, l’opération avait pour objectif de recueillir 40 millions de dollars afin de financer un accès durable à l’eau potable pour deux millions de personnes.
Pendant 31 jours, plus de 10 000 créateurs ont participé à la mobilisation. Des vidéastes mondialement connus, des établissements scolaires et des internautes de nombreux pays ont publié du contenu, organisé des collectes ou effectué des dons. À la fin du mois d’août 2025, la campagne avait atteint son objectif financier.

Les fonds ont été confiés à WaterAid ainsi qu’à plusieurs organisations partenaires chargées de concevoir et de mettre en œuvre les projets.
L’initiative ne consiste pas uniquement à creuser rapidement quelques puits. Selon les besoins locaux, les partenaires peuvent construire des réseaux de canalisation, des installations alimentées par l’énergie solaire, des stations de traitement, des systèmes de récupération des eaux pluviales ou des dispositifs de filtration domestique.
WaterAid travaille directement dans certains pays et collabore ailleurs avec des organisations spécialisées, notamment GivePower au Kenya, l’Alok Institute au Brésil et DigDeep aux États-Unis. Chaque projet doit être adapté aux réalités géographiques, techniques et sociales de la communauté concernée.
En Tanzanie, les contributions de #TeamWater ont soutenu une installation hydraulique alimentée par l’énergie solaire. Le système pompe et distribue jusqu’à 75 000 litres d’eau souterraine par jour et fournit désormais une eau plus sûre à environ 20 000 personnes, notamment à des élèves et à leurs familles.
Avant sa mise en service, certains habitants devaient acheter régulièrement de l’eau potable ou parcourir de longues distances pour en trouver. L’installation solaire permet de limiter les coûts énergétiques tout en assurant une production quotidienne importante.
Au Kenya, l’organisation GivePower a achevé deux autres installations solaires autonomes en février 2026. Ensemble, ces infrastructures peuvent produire environ 90 000 litres d’eau par jour et desservir plus de 35 000 personnes dans le centre-sud du pays.

Pour les familles concernées, le changement ne se résume pas à la qualité de l’eau. La proximité des nouveaux points d’approvisionnement réduit également le temps consacré aux déplacements et au transport de lourds récipients.
Dans plusieurs communautés autochtones de l’Amazonie brésilienne, l’éloignement rend particulièrement complexe la construction de grands réseaux hydrauliques. L’Alok Institute a donc distribué 700 filtres domestiques et installé 20 stations collectives de traitement de l’eau.
Selon le bilan présenté par #TeamWater, plus de 18 000 personnes bénéficient de ces installations, notamment dans des communautés des peuples Xingu et Xavante, dans l’État du Mato Grosso.
La crise de l’eau potable ne touche pas uniquement les pays à faible revenu. Aux États-Unis, certaines familles dépendent encore de sources naturelles non traitées ou doivent acheter et transporter leur eau.
Dans les régions rurales de Virginie-Occidentale, l’organisation DigDeep a utilisé une partie des fonds pour raccorder 50 foyers à une conduite principale. En avril 2026, ces habitations disposaient pour la première fois de robinets et de toilettes alimentés par un réseau d’eau fonctionnel.
Au Rwanda, les travaux comprennent l’installation de canalisations souterraines, de réservoirs et de kiosques communautaires reliés à une unité de traitement. L’eau doit alimenter des habitations, des écoles, des centres de santé et plusieurs communautés.
L’un des établissements de santé concernés a pu améliorer son approvisionnement en eau et rouvrir son service d’accouchement et de maternité. Dans un centre médical, une alimentation fiable est indispensable pour l’hygiène, les soins et la prévention des infections.
Dans le bilan publié le 1er août 2026, MrBeast indique que les projets de #TeamWater ont déjà amélioré l’accès à l’eau potable de 225 472 personnes. Ce chiffre représente un peu plus de 11 % de l’objectif final de deux millions de bénéficiaires.
Il ne signifie pas que les 40 millions de dollars ont déjà été entièrement dépensés ni que tous les projets annoncés sont achevés. Une grande partie des infrastructures doit encore être construite au cours des prochaines années.
Les principaux programmes se trouvent notamment au Bangladesh, au Cambodge, au Mozambique, au Nigeria et au Rwanda. Certains nécessitent plusieurs années de préparation, de travaux et de coopération avec les autorités locales.
Une campagne numérique peut recueillir des dons en quelques semaines, mais la construction d’un réseau d’eau durable demande beaucoup plus de temps.
Avant le début des travaux, les équipes doivent étudier les ressources disponibles, évaluer la qualité de l’eau, obtenir les autorisations nécessaires et consulter les habitants. Il faut ensuite concevoir les installations, transporter le matériel, former les personnes responsables de leur fonctionnement et prévoir leur entretien à long terme.
Au Bangladesh, par exemple, l’un des projets financés doit se poursuivre jusqu’en septembre 2030. Il prévoit l’extension de réseaux de canalisation, la création de distributeurs d’eau et le développement de systèmes décentralisés au bénéfice d’environ 210 000 personnes.
L’objectif n’est donc pas seulement de fournir temporairement de l’eau, mais de créer des infrastructures capables de fonctionner pendant plusieurs décennies.
Le premier bilan de #TeamWater montre que la visibilité des créateurs de contenu peut être convertie en projets matériels. Des vidéos et des publications diffusées pendant un mois ont permis de financer des pompes, des filtres, des canalisations et des stations de traitement sur plusieurs continents.
Le résultat final dépendra toutefois de la fiabilité de ces installations dans le temps. Une infrastructure hydraulique doit être entretenue, réparée et gérée localement. Sans financement pour la maintenance ou sans techniciens formés, même un équipement performant peut finir par cesser de fonctionner.
WaterAid affirme donc privilégier des solutions appartenant aux communautés, adaptées au climat local et accompagnées de mécanismes de suivi.
#TeamWater a déjà franchi une première étape importante avec plus de 225 000 bénéficiaires. Le véritable succès de l’initiative se mesurera néanmoins en 2030, puis dans les années suivantes, lorsque l’on pourra vérifier si les infrastructures continuent effectivement de fournir une eau propre et accessible.
Pour aller plus loin




La conversation continue
Vos commentaires
0 commentairesQue retenez-vous de cet article ? Partagez votre avis avec respect et courtoisie.
Chargement des commentaires…